Le 12 février 2026, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié la mise à jour très attendue de ses recommandations de bonnes pratiques professionnelles relatives à l’autisme chez les enfants et adolescents. Les précédentes recommandations dataient de 2012. Après près de quatorze ans, cette révision intervient dans un contexte marqué par l’évolution des connaissances scientifiques et des politiques publiques.
Des avancées notables
L’association CLE Autistes salue plusieurs évolutions importantes. La psychanalyse est désormais classée parmi les interventions « non recommandées » , il y a aussi une diversification des approches recommandées : la HAS soutient à la fois les méthodes développementales et comportementales, sans accorder d’hégémonie exclusive à l’ABA (Applied Behavior Analysis), méthode largement critiquée au sein des communautés autistes.
Néanmoins, l’association regrette le maintien de grade B pour l’ABA, alors que nous espérions un déclassement de cette méthode.
Une consultation insuffisante des personnes concernées
CLE Autistes regrette par ailleurs de ne pas avoir été intégrée aux comités de pilotage et de cotation, malgré notre position de patients experts, et d’avoir été sollicitée que pour la relecture finale. La HAS a préféré consulter des groupes majoritairement composés de professionnels médicaux et paramédicaux, en particulier les associations dites gestionnaires. Alors que nous dénonçons la position de juge et partie ces associations qui fournissent des soins pour les personnes autistes et qui les représentent. Ce conflit d’intérêt a été dénoncé à deux reprises par l’ONU.
Vive opposition au terme « profound autism »
Malgré sa signature formelle des recommandations , CLE Autistes s’oppose à l’introduction de la catégorie « profound autism » pour désigner les personnes autistes ayant des besoins d’accompagnement intensifs.
Ce terme, absent de la version soumise à relecture, est validiste et inadapté à la compréhension fine des besoins de soutien de ces personnes. CLE Autistes rappelle que de nombreuses organisations autistes internationales se sont opposées à l’usage de cette terminologie dans le débat scientifique et éditorial, notamment lors de controverses relayées par la revue The Lancet le 15 janvier 2022*.´
Transposer ces recommandations dans la loi
Avec ces réserves, CLE Autistes soutient ces recommandations et demande leur transposition dans la loi afin de garantir leur application effective sur l’ensemble du territoire auprès des professionnels et des institutions
*Autistic perspectives on the future of clinical Autism research https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9242721/
