CLE Autistes prend acte du vote des députés en faveur de l’aide à mourir.
Cette loi, votée dans un contexte d’austérité budgétaire, va de toute évidence accentuer le validisme à l’encontre des personnes handicapées en maintenant l’idée que la perte d’autonomie relèverait de l’indignité et que seule la mort pourrait soulager le handicap.
Le vote de la loi sur les soins palliatifs ne changera rien sans ligne budgétaire consacrée. Nous constatons déjà que le parcours d’aide à mourir sera plus rapide (au minimum 12 jours pour l’approbation d’une demande) que l’obtention des aides, au vu des délais des MDPH (plus de 9 mois pour l’attribution d’une PCH ou d’une AAH) et du manque d’accès aux soins palliatifs (alors même que 21 départements sont toujours dépourvus d’unités de soin palliatif). C’est une véritable industrie de la mort que nous allons favoriser au lieu des soins.
A cela s’ajoute que la loi actuelle repose sur des critères floues, ne bénéficiant d’aucun consensus médical, tout en accentuant une inégalité d’accès au soin déjà parfaitement documentée comme c’est le cas pour les personnes précaires mais surtout pour les minorités raciales et de genre.
Nous n’oublions pas la complaisance des associations gestionnaires, comme l’APF à l’égard de cette loi, notamment car se profile pour elles la possibilité de gérer les plateformes d’accompagnement et de répit, ainsi que les copieuses subventions qui en découlent. Preuve supplémentaire de la toute-puissance des conflits d’intérêts qui font primer les intérêts des groupes gestionnaires sur les droits des personnes handicapées. Bref, rien ne changera tant que nous n’auront pas mis collectivement un terme à cette situation !
Nous resterons aussi vigilants face aux prochaines tentatives d’élargissement (suppression du pronostic vital, éligibilité des personnes autistes, ayant un handicap intellectuel ou ayant un trouble psychique) et continuerons à exiger son abrogation jusqu’au bout.
Nous célébrons cependant la résistance et l’organisation des personnes handies et des antivalidistes face à cette loi, surtout face à une gauche institutionnelle qui s’entête à ne pas intégrer le validisme et le sanisme à son logiciel politique sur les questions de santé et de handicap. Nous n’avons donc rien à attendre des partis : tous nos droits devront être conquis par notre propre organisation. Nous ne devons faire confiance qu’à nous-mêmes !.
Nous appelons donc les personnes autistes et handies à s’organiser, à créer nos antennes locales dès maintenant pour peser et construire ce rapport de force aux niveaux local et national, indépendamment de ceux qui seraient présentés et investis comme des sauveurs.
Rien pour nous sans nous !
